Un nombre important de programmes institutionnels s’adressant aux jeunes en difficulté privilégie des approches axées sur l’expression verbale. Les pratiques de counselling et de psychothérapie ainsi que la plupart des interventions psychosociales s’inscrivent directement dans cette perspective (Boutereau-Tichet, Jourdain-Menniger, & Lannelongue, 2005; Gendreau, 2002). Dans ce contexte, l’alliance thérapeutique se fonde généralement sur une interaction dialectique (discussion, introspection, analyse) qui favorise des processus cognitifs ou réflexifs. L’objectif poursuivi est alors d’encourager la verbalisation de difficultés et l’exploration de solutions dans un contexte accueillant et confidentiel (Clark, 2007). Le cadre thérapeutique est souvent normalisé et les interventions contractualisées sous forme de plans. Ces approches ont également tendance à favoriser des rencontres prédéterminées, dans des lieux fixes, où les participants sont généralement assis.

Plusieurs études ont montré l’utilité de ce type d’approche auprès de jeunes vivant des difficultés. Une méta-analyse de Cooper (2009) sur les interventions non-directives de type humaniste, pratiquée dans les écoles secondaires de Grande-Bretagne, relève que celles-ci sont reliées à une amélioration du sentiment de bien-être et des rendements scolaires. En Amérique du Nord, les interventions par la parole de style directif, telles que les approches cognitivo-comportementales, ont pour leur part montré une efficacité dans le traitement de problèmes d’anxiété (Albano, 2009), de dépression (Gill & Brannigan, 2008), ainsi que des comportements antisociaux (Townsend, 2007).

Le taux de participation et d’engagement des jeunes en difficulté, dans une démarche de relation d’aide ou d’intervention psychosociale, demeure néanmoins un enjeu considérable (Binder, Holgersen, & Høstmark Nielsen, 2008; Coatsworth, Santisteban, McBride, & Szapocznik, 2001; Santisteban, et al., 1996; Szapocznik, et al., 1988). L’adolescence est associée à une plus grande instabilité, ainsi qu’à une attitude de …

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Un article de :

Nicolas Moreau, Professeur adjoint à l’École de service social, Université d’Ottawa
Olivier Chanteau, travailleur social au programme jeunes en difficulté, CSSS Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent;
Maryse Benoît, Professeure, Département de psychologie, Université de Sherbrooke;
Marie-Pier Dumas, Étudiante au Baccalauréat, Département de psychologie, Université de Montréal;
Audrey Laurin-Lamothe, Étudiante au doctorat, Département de sociologie, UQAM;
Luc Parlavecchio, entrepreneur social, président- directeur général, Coopérative DesÉquilibres.

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